Pierre-Louis Basse journaliste d’Europe1 à Mulhouse

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Le journaliste d’Europe1 à la voix célèbre depuis 25 ans sur cette antenne était à Entreprises et Médias d’Alsace hier soir, pour le dîner-débat mensuel du club à l’Hôtel Mercure Gare à Mulhouse.

Interviewé par Jean-Luc Fournier, président du club et gérant de l’Agence strasbourgeoise de presse à Strasbourg, le journaliste a livré d’emblée un message essentiel : il est possible à un journaliste d’être libre d’expression aujourd’hui, à condition de rester fidèle à ses opinions, de ne faire aucun compromis commercial et de ne pas avoir peur.

Plusieurs fois en effet, il a souligné la peur qui prévaut dans les entreprises de presse, qui entrave la liberté des journalistes et les oblige à suivre la voie tracée des informations copiées/collées de dépêches : “On n’est pas là pour faire du rewriting“. ll a rappelé qu’il a été viré d’Europe1, deux après on est venu le chercher “Cela peut encore m’arriver, mais je n’ai pas peur, aucun parcours n’est linéraire, rien n’est jamais définitif”.

Avec le développement de multiples supports de communication, le métier développe pousse à la dispersion et au zapping, ce qui empêche tout travail en profondeur, tout recul nécessaire à son exercice : “Les journalistes devraient tous être écrivains. Il faut garder la bonne distance avec le monde et prendre le temps de lire et de réfléchir“.

Plus largement, il a fustigé lamaladie du présentéisme“, préoccupations instantanées qui rend tout propos futile et vain, puisqu’il laisse la place au suivant, et ainsi de suite. La “peopolisation” des informations est le fruit de cette futilité d’un société devenue trop commerciale, tout le comme le foot, un domaine qu’il connaît bien. “Il faut mettre du contenu dans ses propos. Même - et surtout - en commentant un match de foot on  peut mettre du contenu, raconter une histoire, un récit, donner une explication. Mais pour ça, il n’y a pas de secret, il faut beaucoup travailler…”

Il a aussi expliqué que le besoin de confort matériel conduisait certains journalistes à se fourvoyer. “Je ne fais pas de ménages, pour rester libre. J’assume de vivre à Saint-Ouen au milieu de mes livres, et si moi aussi j’aime ce qui est beau, je préfère le partager avec les autres“. Ainsi, Pierre-Louis Basse est allé à la Fondation Beyeler à Riehen dans l’après-midi et est revenu émerveillé de sa visite. La culture sous toutes ses formes est son pain quotidien et son récit fut émaillé de citations d’auteurs : “la culture, c’est du partage“.

Il a aussi souligné la similarité selon lui de la presse sous un régime communiste  - la voix de son maître par un média unique - et la presse en régime libéral : 150 médias diffusent la même information. “C’est pareil, pas de place pour la diversité, la curiosité, la vie. Pourquoi toujours interroger les mêmes philosophes, les mêmes écrivains (qui n’écrivent pas leurs livres et sont interrogés par des personnes qui ne les ont pas lus), toujours les mêmes politiciens ? Et pourquoi ne pas leur poser des questions gênantes ?”.

Les 80 personnes du Club ont découvert un homme à l’intelligence pétillante, d’une grande sensibilité et d’une grande gentillesse.

Béatrice Fauroux

(Re)-découvrez Pierre-Louis Basse dans son émission sur Europe1 les samedis et dimanches midi de 12h à 13h, “Le temps de le dire”, à réécouter sur le site www.europe1.fr

Et lisez le dernier livre de Pierre-Louis Basse : “Comme un garçon”, livre-témoin d’une génération, un récit où l’auteur a mis beaucoup de lui-même - et notamment son vrai patronyme : “Garçon”.

Illustration : géniale comme toujours de notre ami caricaturiste Jean-Paul Lieby dit “Champôl” qui a noté évidemment les similitudes entre Jean-Luc et Pierre-Louis.. et qui ne sont pas que physiques !

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