Florence Aubenas parle du précaire dans Philosophie magazine

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Suite à la parution de son livre “Le Quai de Ouistreham”, Florence Aubenas converse avec Bruce Bégout dans le numéro d’avril de Philosophie magazine.

Elle dit notamment “Quand je suis arrivée à Caen, je suis (donc) allée dans le centre-ville. Mais, au fur et à mesure que je travaillais, j’ai vu que tout se passait hors du centre : le Pôle Emploi, les forums de formation, le travail… Dans le précaire, tout se passe dans les ZAC, sur les quais, autour des centres commerciaux…. Au bout d’un moment, je ne suis plus allée dans le centre. Ce n’est pas qu’on en est chassé, on n’y est plus chez soi. Tout ce que je devais faire se trouvait en périphérie, une autre circulation est ainsi façonnée, mais aussi un autre mode de vie“.

Son témoignage m’inspire trois réflexions : 

Cela m’a fait penser à Mulhouse, d’où des gens partent régulièrement pour habiter en couronne où les centres commerciaux sont animés. Le vrai lieu où on cause, c’est le supermarché ou la galerie commerciale…

C’est aussi du grain à moudre pour les urbanistes, qui se creusent la tête depuis des années ici pour “faire revenir les habitants au centre-ville“. Certes, mais pour y faire quoi, y habiter comment, avec qui, et à quel prix ? Les centre-villes sont devenus des villes-musées proprettes où ça manque de vie parce que les gens n’y habitent plus.

Enfin, je fais le lien avec la couverture volontairement provocatrice de Télérama dans son numéro du 13 février “Halte à la France moche”, qui fustige la laideur des zones commerciales en bordure de toutes les villes de France. L’article pourtant fort bien documenté sur ce sujet prend soudain une apparence de discours terriblement “flatte-bobo”, si on le met en perspective avec les paroles de Florence Aubenas…

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